MANGA ARTIST LIFE – part I – Anime Conventions 3/3

Passer le cap et tenter de vendre en convention, c’est une chose, mais arriver à bien rentabiliser, faire des bénéfices, c’est autre chose…
Malheureusement, seul le talent artistique ne suffit pas. Vous auriez beau avoir un niveau de fou, si vous y allez les mains dans les poches, vous repartirez juste frustré.

Dans Anime Conventions 1/3, j’ai juste donné quelques petits conseils de base, pour commencer.
Je rappelle que ce sont des conseils que je donne dans l’optique d’une professionnalisation, pour des artistes qui se lancent en pro. Parmi les artistes qui exposent en convention, il y a aussi ceux qui le font uniquement par passion sans intention de se professionnaliser. Ce cas-là, différent, n’est pas dans le sujet.

Au début, beaucoup d’artistes sont du genre à se dire “je ne vends que par passion, si j’arrive à en gagner un peu de sous, j’en serais content”. Mais je pense que personne n’a vraiment envie de faire de convention en y perdant de l’argent, parce que vous avez quand même des frais minimum, ne serait-ce que le coût des stands, coûts d’impression, etc…

De par mon expérience en convention, j’ai toujours trouvé que le cadre, l’environnement d’une convention est agréable lorsque les artistes arrivent à bien vendre. C’est bien plus convivial, comparé aux cas où ça marche moins bien pour un peu tout le monde. Pour peu qu’il y en ait quelques uns qui “sortent du lot” pour X raison dans le 2è cas, dû aux efforts ou coup de chance peut-être, ils deviennent cible de trash talk de la part des autres. On se rejette la faute les uns les autres, personne ne se remet en question, et surtout personne ne se dit que ça pourrait être la faute des organisateurs (ceux qui mettent les stands artiste au fin fond de la convention, bien planqués, là où il y a très peu de passage, ceux qui ne font aucun effort pour réparer l’éclairage au-dessus de ces stands, etc.) sauf quand c’est assez obvious bien sûr.

En aucun cas, ce n’est la faute des visiteurs en convention si vos ventes ne sont pas bonnes (sauf si bien sûr il y en a qui vont s’amuser à vous critiquer partout et qui vont vous empêcher clairement de vendre, mais je n’ai jamais vraiment vu ça…).

Bref, dans tous les cas, l’objectif est de ne pas arriver dans ces cas-là. Il est possible de rentabiliser ses conventions si on se prépare bien !

1- Donc tout d’abord, je le répète, ne jamais vendre un produit à perte juste pour s’aligner sur le prix du marché. Il faut toujours s’assurer d’avoir au minimum 10% de marge sur la valeur d’un produit (livre, fanzine, doujinshi, goods, etc.). Je dis bien minimum, parce qu’il va être dans votre intérêt de réussir à augmenter cette marge sur certaines créations.
Le but n’est pas de juste rentabiliser, mais d’arriver à faire des bénéfices.

2- Avoir un stand qui donne envie aux gens de s’en approcher. Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement ?
Avoir une nappe sur sa table, c’est la base. Sans, ça donne un côté très cheap à votre stand.

Voici un exemple avec mon stand lors de l’édition 2012 de Japan Expo. J’ai pris une veille photo de stand pour que ce soit plus clair:
– Nappe noire (prenez la couleur que vous voulez, bien sûr, mais évitez des couleurs ou motifs qui ne vont pas mettre en évidence vos livres, produits.
– En fond sur la cloison, des visuels de grand format pour augmenter les visibilité du stand.
– En France, j’évite de mettre des piles de livres, parce que des vols peuvent arriver malheureusement. Lorsqu’il n’y a qu’un seul livre en échantillon, c’est beaucoup plus dissuasif.

Autre exemple avec mon stand lors du Mang’Azur 2016 à Toulon. J’ai beaucoup plus de différents livres et produits et j’ai augmenté la visibilité du stand.
– Sur la cloison, j’ai mis une grande bâche PVC de 80x150cm (vous pouvez en faire imprimer ici: Pixartprinting – bâches PVC).
– Sur le devant de la table, ce sont des impressions sur toile drapeau nautique antivent (impression par ici: Pixartprinting – Drapeau), j’ai choisi de faire des format 150x100cm fixées sur la nappe avec des épingles à nourrice.
– Pour les plateformes qui servent à surélever les produits, ce sont des paravents en carton (toujours chez le même imprimeur: Pixartprinting – Paravent).

Voilà, comme vous pouvez le constater, j’utilise beaucoup le site imprimeur Pixartprinting pour la décoration de mon stand~

Ensuite, chose plus ou moins importante (selon vos priorités), c’est la disposition de vos produits. Il faut garder en tête que selon leur disposition, leur ordre, leur orientation, etc., vous ne mettrez pas “en avant” les mêmes choses. Et puis ça dépend aussi du flux des visiteurs, s’ils arrivent par la gauche de votre stand ou par la droite.

Le conseil le plus ultime, je dirais, c’est de réussir à se mettre dans la peau d’un visiteur qui arrive sur votre stand et qu’il ne vous connaît pas : qu’est-ce qu’il voit en premier sur votre stand ? Qu’est-ce qui attire le plus son oeil ? Est-ce qu’il peut voir tous les prix facilement ?

Comportement sur son stand face aux visiteurs

Un artiste qui vend ses créations originales en convention n’est pas un simple vendeur, il vend son art, ses propres créations ! Les gens viennent sur votre stand parce qu’ils sont intéressés par ce que vous faites, mais de fortes chances qu’ils ne vous connaissent pas. A quoi pensent-ils à ce moment-là ?
“Oh ça a l’air sympa, c’est quoi ?”
C’est alors que plusieurs chemins s’ouvrent :
A/ “… Mais je ne connais pas, jamais entendu parler, je trace ma route.”
B/ “Je suis curieux, je vais demander ce que c’est !”
C/ “Instant buy!”
D/ “Dommage je n’ai plus de sous !”
E/ “Sympa de loin, mais de près, finalement ça ne m’intéresse plus…”
Le cas C, c’est celui qu’espère tous les artistes, pouvoir vendre sans effort. Vous comprendrez que ce n’est pas majoritaire.
Pour le D et E, ce n’est pas fréquent sauf si vous êtes dans une petite convention, ou trop récente (pour le cas D).
Pour les cas A et B, c’est ce qui arrive le plus souvent, ce sont des opportunités de ventes :
En B, ça reste assez simple, le visiteur fait un premier pas, vous parle, vous pose des questions sur vos créations. Vous n’avez juste qu’à répondre le plus sincèrement possible.
En A, ce n’est pas parce qu’ils ne disent rien, qu’ils ne sont pas potentiellement intéressés. Faites un premier pas, un simple “bonjour” engage la discussion. Faites leur comprendre que ce sont vos travaux, vos créations (les gens ne s’en rendent pas forcément compte (ce qui peut être flatteur pour vous)). L’idéal est de pouvoir rester naturel (pas trop insistant/agressif).
Si vous arrivez à montrer votre passion, les flammes dans vos yeux, les ventes se feront très facilement !
Parmi les 5 cas, c’est le A qui est le plus fréquent, et de loin ! Si vous faites l’effort de parler aux gens, vos ventes seront multipliées facilement par 2 ou 3, voire plus !

Dessiner sur son stand ?

– Par expérience, le fait de dessiner sur votre stand ne vous aidera pas du tout à vendre, bien au contraire : les visiteurs sont distraits par ce que vous faites, sont dans un état admiratif, mais sortent de l’état d’acheteur.
Lorsque les gens vous regardent dessiner, ils ne veulent plus acheter, bizarrement.
– Dessiner tout en parlant aux gens ? Personnellement, en tant que visiteur, j’aurais l’impression d’être un peu ignoré. Tout le monde ne pense pas forcément comme ça, mais c’est un risque. De toute façon, essayez de vous vendre tout en dessinant, vous verrez…
– En gros, c’est dessiner ou vendre…
– Avec quelqu’un pour vous aider à vendre sur votre stand, ça peut s’arranger quand même.

Qu’est-ce qu’il faut vendre ?

Pas dans le sens où je vous dis ce que vous devez dessiner pour vendre plus, mais plutôt comment orienter ses choix sur ce que vous pouvez vendre.

Il faut prendre d’abord le contexte des conventions : quelle que soit la ville (sauf à Paris où il y a plus de conventions par an), le plus souvent les gens ne vont qu’une seule fois par an en convention. S’ils apprécient ce que vous faites, ils essaieront d’acheter le plus de choses possible.
Si vous venez en convention avec juste 1 fanzine et quelques posters/cartes, votre recette sera assez limitée.
Plus vous aurez de produits à vendre, plus ça vous rapportera de l’argent.
En d’autres termes, le plus important est d’augmenter la valeur du panier moyen de vos clients. Comme je le disais, avec une fréquence d’1 convention par an pour les visiteurs, il devient plus facile de vendre plus de produits d’un coup aux visiteurs.

Si vous êtes artiste manga, il faut vendre plusieurs titres, plusieurs tomes au possible. C’est un peu plus compliqué, je reviendrai plus tard sur le sujet de l’auto-publication…
Si vous voulez faire une série en manga, il est normal de se dire qu’il ne faut dessiner que ça, mais c’est assez difficile de gérer le stock. Parmi les artistes manga:
– Ceux qui ne dessinent que des planches, que du manga, pas trop illustration. Pour eux, pour augmenter la rentabilité, il faudrait ne pas présenter qu’un seul titre, qu’une seule série. Bon, compliqué de travailler sur 2 séries en même temps, par contre faire de temps en temps des oneshots, ça peut être bien.
Quand on se replace dans le contexte, en convention, les gens n’ont pas forcément envie de commencer une série auto-publiée, parce que très souvent, aucun artiste (à ma connaissance) n’arrive à la fin de sa série… Généralement ça s’arrête même assez rapidement. Du coup, ça donne moins envie aux lecteurs, tout serait une question de confiance. Pour des personnes qui découvrent ces artistes, commencer par un ou des oneshots peut leur donner confiance, pour montrer ce dont l’artiste est capable de faire.
Pour en revenir sur le sujet, vous pouvez ainsi convaincre la personne d’acheter plusieurs titres différents : votre série (1 tome, “pour tester” + oneshots), parce que c’est un peu plus compliqué de leur vendre la série avec tous les tomes sortis (pas impossible, bien sûr)
Enfin, on va dire que c’est dans l’optique de départ, le temps de bien lancer sa série.
– Ceux qui dessinent du manga, mais aussi des illustrations, peuvent publier leur manga en série (par exemple) en plus de livres d’illustrations.

Vous comprenez le principe…

En dehors des livres fanzines/doujinshi/artbooks, le principe est le même pour les goods (cartes, posters, badges, porte-clés, etc.).
Il y aura une rubrique pour une liste des produits à proposer avec conseils pour les prix de vente.

Conseils autres…

– Si vous vous lancez dans l’aventure des conventions, vous serez bien sûr amenés à revenir dans certaines, parce qu’elles avaient bien marché pour vous (ou suffisamment prometteuses). Alors il faudra être productif et vous assurer que vous aurez des nouveautés à proposer. Si vous revenez dans une convention sans nouveauté, vous ne risquerez pas de gagner plus que la fois précédente…
Si tout se passe bien, plus vous reviendrez à une convention, plus vous y gagnerez de l’argent !

– Principe de base, peu souvent respecté : essayez de finir vos créations suffisamment à l’avance pour les recevoir à temps avant les conventions. Je sais que ce n’est pas toujours évident, sinon il faut trouver des compromis.

– En convention, n’ayez pas peur du public, des visiteurs. Ceux qui s’approchent de votre stand sont ceux qui s’intéressent un minimum à ce que vous faites, il ne sont pas là pour vous juger ni vous critiquer.

– Pour vos produits à vendre, essayez de toujours proposer des packs, sets, tout ce qui peut inciter les gens à acheter plus qu’1 seul livre (ou autre) !

Dans la prochaine partie, je vais parler des originaux et fan arts, ce qu’il faut savoir…

SOMMAIRE
Manga Artist Life – Introduction
Manga Artist Life – part I – Anime Conventions 1/3
Manga Artist Life – part I – Anime Conventions 2/3
Manga Artist Life – part I – Anime Conventions 3/3
Manga Artist Life – part II – Fan Art rules
Manga Artist Life – part III – Modern Tools 1/3
Manga Artist Life – part III – Modern Tools 2/3
Manga Artist Life – part III – Modern Tools 3/3
Manga Artist Life – part IV – Fanbase & Clients
Manga Artist Life – part V – Original
Manga Artist Life – part VI – Books and Goods printing
Manga Artist Life – part VII – Notes & Conclusion

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